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KM Conseil

Arrêtez de vous éparpiller : un seul réseau social, mais bien choisi

Il y a quelques semaines, je vous expliquais comment booster la visibilité de votre entreprise grâce aux réseaux sociaux. Depuis, une phrase revient souvent dans nos échanges : « Très bien, mais je ne vais quand même pas me mettre partout ? »
Non. Surtout pas. Et c’est le sujet de cet article.

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, ce serait celle-ci : un seul réseau social, choisi avec soin et tenu avec constance, vous apportera plus que cinq comptes ouverts à la va-vite. Un profil vivant, nourri deux fois par mois, vaut infiniment mieux qu’un LinkedIn en friche et un Facebook dont la dernière publication date de deux hivers, ou un Instagram sans interactions).

Oui, mais, lequel choisir ? Et à quel rythme, pour que cela reste compatible avec une vie de dirigeant qui a déjà bien assez à faire ?

Pourquoi « être partout » ne fonctionne pas

Le raisonnement de départ semble logique : plus je suis présent, plus j’ai de chances d’être vu.

En apparence, c’est du bon sens. En pratique, ça se retourne presque toujours contre vous, pour trois raisons.

Votre temps

Votre temps n’est pas extensible. Chaque réseau a ses codes, ses formats, ses habitudes : une photo carrée ici, un texte argumenté là, une vidéo ailleurs.

Vous adapter correctement à cinq plateformes demanderait un mi-temps. Comme vous n’en avez pas, vous publiez un jour, puis plus rien pendant trois semaines, puis un post expédié un dimanche soir, un peu par culpabilité. Je vois cette situation très souvent chez les dirigeants qui viennent à moi pour un accompagnement.

Ce n’est pas une fatalité, c’est simplement la conséquence d’un objectif mal calibré.

Votre message

Le ton juste sur un réseau professionnel tombe à plat ailleurs. La photo qui fait mouche sur Instagram ne raconte rien sur un autre canal.

À force de vouloir adapter votre discours partout, vous finissez par ne plus dire quoi que ce soit de clair nulle part. Vos clients, eux, n’en retiennent qu’une impression de brouillard.

Votre image

Un compte abandonné depuis des mois donne de votre entreprise la même impression qu’un rideau de fer à moitié baissé un jour d’ouverture : cela intrigue d’abord, puis cela décourage.

Un visiteur qui tombe sur votre profil en friche se demande simplement si votre entreprise est encore active.

La vraie question : où vos clients vous cherchent-ils ?

Oubliez un instant les tendances et le voisin qui vous assure que « sans TikTok, vous n’existez plus ». La seule question qui compte est toute bête : où sont vos clients potentiels ?

Un dirigeant qui cherche un expert-comptable ne le cherche pas au même endroit qu’un futur marié qui cherche un fleuriste. Le premier va demander des recommandations à ses pairs et regarder des profils professionnels. Le second va faire défiler des photos de bouquets pendant une demi-heure, un soir, sur son canapé. Votre réseau idéal est celui où votre futur client a déjà l’habitude de chercher quelqu’un comme vous.

Comment le savoir, concrètement ? Deux méthodes simples.

Demandez à vos clients

C’est la méthode la plus fiable et la plus négligée. La prochaine fois qu’un client vous contacte, glissez-lui la question : « Au fait, comment m’avez-vous trouvée ? » Puis demandez à trois ou quatre de vos meilleurs clients quels réseaux ils utilisent et ce qu’ils y vont y chercher. Vous serez étonné de la précision des réponses et parfois de leur simplicité.

Regardez ce qui se passe chez vos confrères

Non pour les imiter, mais pour observer où se passent les vraies conversations : les commentaires de clients, les recommandations, les questions posées.

Un profil avec cinquante interactions sincères sur une plateforme en dit plus long qu’un profil à dix mille abonnés muets sur une autre.

Venons-en au choix lui-même. Il se fait sur deux critères.

Le premier est votre métier, le second (celui qu’on oublie souvent) est votre personnalité.

Choisir selon votre métier

Vous vendez votre expertise : LinkedIn

Consultant, coach, expert-comptable, avocat, formateur, dirigeant en reconversion… : vos clients n’achètent pas d’abord vos prestations, ils achètent votre sérieux. Or, LinkedIn est précisément l’endroit où l’on vérifie qu’un prestataire est compétent et fiable avant de le contacter. C’est le réflexe moderne, on vous rencontre, on vous recommande, on vous cherche… et on tombe sur votre profil. Pour les gens pressés, pas besoin de vous filmer, ni de poster des photos de votre déjeuner.

Exemple

Alain, 56 ans, expert-comptable, publie deux billets par mois : l'un sur une échéance à ne pas manquer, l'autre sur une erreur qu'il voit souvent chez ses clients. Rien de spectaculaire. Mais à chaque rendez-vous, au moins un client lui dit : « J'ai lu votre post. » Ce n'est pas de la notoriété de star, c'est de la confiance qui s'installe progressivement.

Et on ne devient pas visible qu’en publiant. Les recommandations que vos clients laissent sur votre profil, les personnes que vous citez en les taguant dans une publication, les commentaires que vous écrivez chez les autres : tout cela compte dans votre visibilité, parfois autant que vos propres textes.

Astuce

Demandez des recommandations à deux ou trois clients satisfaits, une phrase sincère chacun et votre profil en dit plus long que dix publications. Et prenez l'habitude de commenter les textes de vos contacts : un commentaire juste vous rend visible auprès de tous ceux qui les lisent, pas seulement de leur auteur.

Vous vendez du visible : Instagram

Artisan, photographe, coiffeur, restaurateur, créateur, architecte d’intérieur…, votre travail parle avant vous. Une restauration de façade, un chignon de mariée, un plat signature, un escalier sur mesure, c’est votre meilleure preuve et elle se montre mieux qu’elle ne se raconte.

Exemple

Nadine, 51 ans, organisatrice de mariages, ne s'est jamais lancée dans les grandes théories du marketing. Elle publie simplement des photos de ses réalisations, avec deux phrases sur le couple et le lieu. Ses clients potentiels font ce que tout le monde fait, ils feuillètent son profil comme un portfolio. Beaucoup la contactent en disant avoir « vu ses images ». Son compte remplit exactement le rôle d'un book, sans qu'elle ait eu à en faire un.

Sur Instagram aussi, la visibilité ne dépend pas que de vos publications. Elle se nourrit des échanges : les réponses aux commentaires, les petits signes à ceux qui vous suivent, les réactions à vos photos.
Publier sur les réseaux sociaux avec KM Conseil

Astuce

Montrez votre visage de temps en temps, pas seulement vos réalisations. Une photo de vous dans votre atelier ou votre boutique crée un lien de confiance qu'aucune photo de produit ne remplace. Et ajoutez à chaque publication votre ville, quelques mots-clé précédés d'un # pour que l’on vous découvre plus facilement.

Vous vendez de la proximité : Facebook

Fleuriste, commerçant, restaurant de quartier, artisan du coin…, vos clients vivent à quinze minutes de chez vous. Ils s’abonnent aux pages locales, cherchent vos horaires ou votre menu du jour, posent des questions dans les groupes de quartier (« quelqu’un connaît un bon électricien ? »). Si votre clientèle est locale et que vous avez des choses simples à annoncer (horaires exceptionnels, arrivée de saison, réouverture après une période de vacances…), Facebook reste le réflexe d’une partie importante de la population, loin d’être totalement démodé, c’est le carrefour du village.

Et là aussi, une page ne vit pas que par ses publications. Ce sont les échanges qui la rendent vraiment utile.

Astuce

Rejoignez les groupes où vos clients échangent au quotidien et répondez utilement aux questions qui touchent votre métier, sans vendre. La personne qui demande « quelqu'un connaît un bon électricien ? » se souviendra de votre réponse. Et comme sur LinkedIn, il existe un équivalent des recommandations : les avis laissés sur votre page. Deux ou trois clients satisfaits, une phrase sincère et votre page paraît plus vivante.

Vous vendez de la pédagogie : YouTube

Si vous êtes formateur, thérapeute ou expert sur un sujet qui s’explique, que vous êtes plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit, la vidéo mérite réflexion. Une vidéo reste en ligne pendant des années et continue de répondre aux questions de vos prospects. Et rassurez-vous : pas besoin d’un studio, un téléphone posé sur une pile de livres, une pièce calme et une bonne lumière suffisent largement. Le fond compte plus que la forme.

Astuce

Il faut quand même soigner un peu la forme. Deux détails importants : le choix du titre et la petite image de couverture, ce que l’on appelle la « miniature » ou « thumbnail ». Écrivez votre titre comme la question que vos clients posent vraiment, par exemple « Comment choisir un prestataire sans se tromper ? » plutôt que « Présentation de mes services ». Et pensez à découper vos vidéos en chapitres, ainsi, votre audience peut cliquer sur ce qui l’intéresse. Rares sont ceux aujourd’hui qui regardent quinze minutes d'affilée sans savoir où cela mène.

Et si votre cœur ne bat pour aucun ?

C’est tout à fait envisageable et parfaitement respectable. Si c’est votre cas, assumez ce choix sans complexe, tous les canaux ne sont pas obligatoires pour tout le monde.

Certains métiers vivent très bien avec un bon site internet et une fiche d’établissement Google bien renseignée, sans réseau social du tout.

Attention, cependant, à ne pas sous-estimer cette fiche. Souvent, on la crée et puis, on l’oublie. Alors qu’elle offre un potentiel immense si on la fait vivre et c’est gratuit !

Depuis l’espace de gestion de votre fiche, vous pouvez publier de vraies actualités : une nouveauté, une offre du moment, un événement à venir. Pas besoin d’écrire un roman, une brève information suffit. Ces publications apparaissent directement dans les résultats de recherche et sur Maps, juste à côté de vos horaires et des avis reçus, c’est-à-dire précisément là où la personne qui vous cherche pose les yeux.

Trois formats simples suffisent pour commencer :

L'actualité

une nouvelle collection qui arrive, des travaux terminés, un service qui se lance.

L'offre

une remise de saison, un forfait, une opération spéciale pour les clients de passage comme pour les habitués.

L'événement

une journée portes ouvertes, un atelier, une dédicace, un salon, avec sa date et sa photo.

C’est ce que je fais moi-même pour chacun de mes articles qui devient une publication sur ma fiche Google. Quelques mots sur le sujet et un lien vers mon site pour découvrir l’article complet.

Et vous savez quoi ? Cela attire de nouveaux clients potentiels qui après avoir lu l’article visitent mon site, mes offres.

Exemple

Christine, 57 ans, tient une librairie de quartier. Elle ne veut ni d'Instagram, ni de TikTok. Mais, chaque fois qu'elle reçoit un auteur pour une dédicace, elle crée un petit « événement » sur sa fiche, avec la date et une photo de l'affiche. Le soir venu, plusieurs clients lui disent l'avoir vue « sur Google ». Une publication par-ci, une offre par-là : sa fiche respire et sa librairie aussi.

Autrement dit, si aucun réseau ne vous attire, pensez à la fiche Google, à condition de la faire vivre régulièrement, pas seulement de l’avoir remplie lors de la création.

Pensez à mettre à jour vos horaires, les jours fériés fermés ou les ouvertures exceptionnelles, de publications régulières et l’ajout de quelques photos…

Choisir selon votre personnalité

Le meilleur réseau pour vous est celui que vous tiendrez encore dans un an.

Un réseau social fonctionne sur la durée. Celui qui vous pèse dès le départ ne deviendra pas agréable avec le temps ; celui qui vous correspond devient de plus en plus simple, parce que vous y prenez la parole comme dans la vie.

Vous aimez écrire, rédiger un mail bien tourné vous fait plaisir ? Les réseaux à texte seront votre terrain de jeu.

Vous parlez mieux que vous n'écrivez ? La vidéo vous demandera un petit effort d'aisance au début, puis deviendra plus naturelle qu'un texte subi. Des vidéos maladroites au début peuvent se transformer peu à peu en pépites. Le secret ? Avoir du plaisir à le faire.

Vous n'aimez pas être filmé ? Ne choisissez pas un réseau vidéo. Vos clients préféreront cent fois vos photos de réalisations à une vidéo où l'on sent votre gêne.

Vous n'avez que vingt minutes le matin, jamais le soir ? Prenez-le en compte, c'est le créneau de votre préparation.

Exemple

Marc, 54 ans, consultant en organisation, s'était forcé sur Instagram parce que « tout le monde y est ». Trois semaines, deux publications, zéro plaisir et l'impression désagréable de jouer un rôle. Il est retourné sur LinkedIn où il s'exprime comme il a toujours su le faire en réunion : par écrit, posément, avec des exemples. Deux ans plus tard, il publie toujours, deux fois par mois, sans pression. Il a trouvé son rythme, son style, son terrain. Résultat : des prospects qui arrivent déjà convaincus.

Tenir un rythme réaliste : la régularité avant la fréquence

Concrètement, la régularité compte infiniment plus que la fréquence. Deux publications par mois tenues pendant un an bâtissent une présence. Quatre publications par semaine pendant six semaines, suivies d’un silence de quatre mois, bâtissent… une mauvaise réputation. Vos clients ne demandent pas à vous voir tous les jours. Ils demandent à voir que vous êtes là, de façon crédible.
Comment s’organiser, quand on n’a ni le goût ni le temps pour les grandes séances de travail ? Trois habitudes suffisent et j’en ai déjà glissé certaines ici et là :

Organiser son temps pour publier à son rythme

Bloquez un créneau fixe et court

Cela peut être un vendredi matin par mois, une heure, un café à portée de main et vous êtes en condition pour préparer votre publication. Bon, soyons réalistes, une heure par mois, c’est parfois court pour les premières publications. Au début, on doute, on peut manquer d’inspiration, on se posent plus de questions, on écrit et on réécrit certaines phrases… On veut que cela soit parfait… Avec le temps, on prend confiance et cela devient plus fluide. Je parle en connaissance de cause 😊

Notez vos idées dès qu'elles émergent

Une question de client, une remarque entendue deux fois dans la même semaine, une réalisation dont vous êtes fier… notez-les. Le jour du créneau, vous n'aurez plus qu'à choisir, plus à inventer sous pression. C'est peut-être l'astuce qui change tout.

Réservez un quart d'heure, deux fois par semaine, pour intéragir

Ce temps vous permettra de répondre aux commentaires, aux messages, aux mentions. Ce court temps d'échange est ce qui transforme un compte en relation et c'est souvent là que se trouvent les clients, pas dans le nombre de publications.

Conseil

Ne vous comparez pas aux créateurs de contenu, ce n'est pas votre métier. Le dirigeant qui publie avec régularité paraît, aux yeux de ses clients, actif, disponible et sérieux. C'est tout ce qu'on vous demande.

Trois signaux que vous avez fait le bon choix

Après quelques mois de pratique, la réponse devient évidente et vous pouvez la vérifier seul.

D’abord, les idées viennent sans douleur. Vous croisez une situation de client et vous pensez : « Tiens, ça, je pourrais le raconter. »

Ensuite, vous ne redoutez pas le moment de publier. Un léger trac, parfois, mais pas cette boule au ventre qui fait repousser la chose aux calendes grecques.

Enfin, des clients en parlent : « J’ai vu votre publication sur… » est la plus belle phrase de retour qui soit.

Si, après trois mois de pratique, rien de tout cela ne se produit, ne vous jetez pas sur un deuxième réseau. Changez d’angle : le format, le ton, les sujets.

Et votre site, dans tout ça ?

Réseaux sociaux, publiez, commentez

Une précision pour finir, parce qu’elle est souvent le chaînon manquant. Le réseau social attire l’attention et c’est votre site qui rassure. La personne qui découvre votre profil, se souvient de vous, veut en savoir plus… clique. Elle arrive sur votre site. Si celui-ci est confus, daté ou silencieux sur ce que vous faites réellement, tout l’effort consenti s’arrête là, au moment précis où votre futur client venait à vous.

Si vous ne savez pas trop où vous en êtes, le plus simple est de commencer par un audit de votre site. Nous le regardons ensemble, à Paris autour d’un café ou à distance en visio, où que vous soyez. Vous repartez avec une vision claire : ce qui fonctionne déjà, ce qui fait hésiter vos visiteurs et les deux ou trois priorités concrètes sur lesquelles concentrer votre énergie, parce que votre temps mérite mieux que d’être dispersé, sur les réseaux comme ailleurs.